• Cercle Littéraire 4 février 2012 Coups de Ceur

    elsa louis la maison
     
    Anne a eu un énorme coup de coeur
    pour la maison ♥
    d'Elsa Triolet et Louis Aragon
    une découverte qu'elle aurait aimé faire bien avant...
    anne kdo mug 4février2012 (6)
    l'art français de la guerre
     
    L’art français de la guerre d’Alex Jenni.
    Gallimard, novembre 2011 : Prix Goncourt 2011.


    Un livre foisonnant sur la guerre, sur l’autre qui, selon Jenni, obsède la France et les Français : l’autre c’est l’étranger et notamment le colonisé, celui d’Indochine, d’Algérie… et celui qu’à présent, on rencontre et on croise dans nos banlieues.
    Cet art de la guerre, on l’a appris au contact des Allemands, lors des différentes guerres, on l’a raffiné et on en a fait un « art français » mais la réponse est toujours la même : on montre sa force et, du coup, la violence laisse apparaitre sa faiblesse.  Au lieu de dialoguer, d’écouter, de négocier, on refuse de partager ces droits, on fait des autres des citoyens de seconde zone, des indigènes, et quand ils se révoltent, on met son génie à organiser le combat, à quadriller, à mettre en fiches et en cellule ; en réalité, on torture, on tue tous ceux qui réclament une part de cette « liberté » qu’on leur a appris dans nos écoles, notre littérature, nos lois. Et, épuisés, on quitte piteux le territoire, déclarant haut et fort qu’on s’en va mais que c’est dommage parce qu’on avait presque gagné… qu’il suffisait d’un rien…
    Et, alors qu’on ne s’y attendait pas, qu’on pensait que tout cela était fini, on reprend cette guerre sur de nouveaux territoires, proches de nous. On a oublié que c’est nous qui avions invité tous ces gens « chez nous » pour y travailler et y faire le boulot qu’on ne voulait plus faire. Et l’autre, l’ennemi en a profité pour se glisser jusque dans nos villes. Et, parce que, là aussi, on ne lui a pas donné les droits qu’il attendait de nous et de nos lois, il s’est mis à attaquer.  Et, nous, au lieu de dialoguer, d’écouter, de négocier,  on se protège… on quadrille à nouveau, on attaque en bande armée. En gros, on n’a rien compris et « l’art français de la guerre » continue à s’exercer, maintenant, aux portes de nos cités.

    Yves Bourron
     
     
    mamita
     
    « Mamita »   paru en 2010 Fayard
    de Michel del Castillo  (né en 1933)

    Mamita est un roman autobiographique. On retrouve les mêmes thèmes dans presque tous les livres de Michel del Castillo : l'enfance bafouée et trahie par une mère trop belle et trop égoïste, sur fond de guerre civile espagnole et de camps de détention pendant la deuxième guerre mondiale.
    À première vue le roman raconte les  rencontres, les amours et le paquet de névroses de Xavier, grand concertiste. Arrivant à un âge avancé, Xavier prépare ce qui sera sans doute son dernier enregistrement.
    Au gré de ses déplacements entre New York, Boston et Paris, il fait deux rencontres essentielles, Sarah et Tim. Chacune le renvoie à son enfance chaotique. Il remonte le temps petit à petit jusqu’au désamour et la trahison de sa mère, l’énigmatique Mamita.
    Quoi qu’il dise et quoi qu’il fasse, où qu’il soit, l’ombre de sa mère poursuit Xavier.
     Mamita, tout comme la propre mère de l’auteur, est un personnage  très complexe : elle est fantasque, égoïste, méchante, calculatrice, traître, menteuse,  perverse.
    Mamita est une femme qui  ne cesse de mentir, qui trahit ses nombreux amants comme elle trahit tout le monde. C’est surtout une femme qui ne garde son petit garçon auprès d'elle qu'aussi longtemps qu'il peut lui servir de bouclier.
    Du début à la fin du roman,  Xavier s’interroge sur la cruauté de cette femme qui  n’a cessé tout au long de sa vie de lui faire du mal. Elle l’a balloté pendant toute son enfance et, comble du comble, l’a abandonné à une solitude monstrueuse après l’avoir marchandé dans l’espoir de mieux s’en tirer à la fin de la guerre. Plus tard, elle ne cherchera jamais à le revoir.
    Ce roman d’une grande sensibilité, en aucun cas larmoyant, est également très bien construit. Le style est clair sans affectation. Il dégage une grande humanité. Malgré les épreuves vécues, l’auteur n’est pas devenu un justicier qui se croit détenteur de la vérité.

    Même sa mère, il n’arrive pas à la condamner pas tout à fait.


    Joëlle Chevalier
    Cercle littéraire du Samedi 4 Février 2012
     
    plage
     
    Plage de Marie Sizun
    Marie Sizun (du nom du cap Sizun, dans le Finistere, proche de la Pointe du Raz) est née en 1940. Elle a été enseignante de lettres classiques à Paris, en Allemagne ainsi qu’en Belgique.
    Marie Sizun a reçu Le grand prix littéraire des lectrices de Elle pour son roman La Femme de l’Allemand.
    Commence à publier en 2005 ; Plage a été publié en 2011 chez Arlea
    Plage :
    C'est un roman d'une limpidité totale, facile à résumer. L'héroïne est une femme qui va passer une semaine sur une plage parce que son amant marié doit venir l'y rejoindre.
    Une femme seule au sein d’une petite ville bretonne de bord de mer. Un homme doit la rejoindre à la fin de la semaine. Et l’attente. L’attente s’installe lourdement
    Anne attend l’homme qu’elle aime, un homme marié peu disponible qui a promis de la rejoindre dans ce petit village de bord de mer, pour passer une semaine de vacances ensemble, loin des contraintes, loin de sa famille dont elle ne veut rien savoir.
    Elle veut voir dans sa venue prochaine un choix qu’il assume
    Elle regarde la vie qui se déroule autour d’elle et chaque rencontre est prétexte à l’évocation d’un souvenir. Peu à peu, on découvre son passé : son père aimant mais infidèle, sa mère haïe, son travail à la bibliothèque, sa rencontre avec François, les instants volés avec son amant et la sensation d’exister quand elle est avec lui.
    Les jours se succèdent, les nouvelles de l’amant se font plus embrouillées, plus rares. Une amitié naissante avec une jeune femme, qui a su rencontrer et sympathiser avec des touristes de passage,  permet d’oublier la solitude, trop pesante.

    Que l’homme tant attendu vienne ou pas, Anne ne sera plus la même à l’issue de son séjour. Libérée, elle se sentira plus forte et plus réelle que jamais.
    Anne nous raconte cette semaine d’attente, confiant à son amant lointain et inaccessible ses pensées, ses souvenirs, sa tristesse tel un journal où les chapitres scandent les différentes journées.
    Une semaine qui lui permettra de faire le point, le bilan de sa vie et d’avancer peut-être. Ses émotions sont confiées avec pudeur et on ne peut que s’attacher à cette femme si touchante.
    Plage est le roman de la solitude et de l’attente

    Antoine Chevalier
     
    noirs en blanc
    Cercle littéraire de la Celle les Bordes du 04/02/12

    Noirs en blanc
    Denis Labayle
    Éditions Dialogues (2012)

    Denis Labayle est avant tout un ami et un collaborateur avec lequel nous animons des cafés littéraires au Sofitel de Strasbourg. Il est aussi, écrivain, médecin et un citoyen engagé.

              C'est l'histoire de Zola Méké, un jeune Africain issu d’une famille démunie, qui devient chirurgien à Paris.
        Pour faire ses études, Zola, adolescent, est obligé de s’exiler. D’abord à Cuba, puis en Russie et en France. Une ascension sociale terriblement coûteuse: déchirement familial, petits boulots pour survivre, racisme, tiraillement permanent entre la vie moderne et son Afrique originelle!
    Tout le long du livre on constate une sorte de  syndrome du hibou. Rester fidèle à la culture d'origine ou l'oublier complètement et intégrer la “modernité de l'occident?
    Le roman est aussi une histoire d’amour et d’amitié entre quatre jeunes aux destins divergents. Une aventure humaine où les personnages de rencontre abondent: un idéaliste égaré, une singulière mère adoptive, un curieux chirurgien russe adepte du silence… Le tout narré d’une plume alerte où l’humour s’invite souvent...
    •     En ce qui me concerne j'ai adoré ce livre car derrière l'histoire inspirée des témoignages de médecins étrangers travaillant dans nos hôpitaux on entend un des cris d'alerte du continent africain: «Reprenez vos ONG et rendez-nous nos médecins», s’écrie Myesi, une femme chirurgien amoureuse de Zola.
        Le fait que l'ancien bloc communiste aide les pays en voies de développement en instruisant leurs jeunesses surprend car si bien une élite se forme, le prix à payer est immense. Les jeunes perdent leurs racines très tôt et le gouffre affectif dans lequel ils sont plongés me paraît insurmontable! Un arbre trop déraciné se meurt! Pourquoi ne pas investir directement dans le système éducatif du pays ???  

    Margarita Van der Borght

           «Un roman formidable et courageux. La première partie, un Cubain aurait pu l’écrire, les deux autres, un Africain aurait aimé les écrire.» Eduardo Manet
     
     

    la femme des sables


     Présentation du livre « La Femme des sables » de Abé Kôbô
    Ce livre nous emmène sur les pas d’un entomologiste à la recherche de la cicindèle-de-jardin. Lors d’un congé, il se retrouve dans un village du bout du monde au Japon : village en bord de mer envahi par le sable et les dunes. La nature y est très violente : vent, tempêtes de sable etc. L’homme manque son bus. Un ancien du village lui propose un hébergement. Il se retrouve alors à l’autre bout du village, logé dans une maison au fond d’un trou (« là touchant la crête des dunes, parmi d’autres trous, un trou s’ouvrait »). Cette maison est habitée par la femme. La vie est complètement rythmée par les éléments naturels. Le sable envahit tout et doit être pelleté chaque jour puis mis en bidons. Les Compagnons du panier viennent remorquer les bidons chaque nuit.
    Le lendemain, l’échelle a disparu : l’homme comprend qu’il est prisonnier de ce village (« de la clique »). Ce village a besoin de main d’œuvre pour survivre… Il tentera de s’échapper plusieurs fois.
    Y réussira-t-il finalement ? Quelles seront ses relations avec cette compagne forcée ? Trouvera-t-il la cicindèle-de-jardin ?
    Différents thèmes sont traités dans ce livre :
    La métamorphose (évolution du système de pensée de l’homme)
    La bêtise humaine et l’incompréhension entre les hommes (les collègues de travail, le directeur ou encore les relations avec la clique du village)
    La disparition (aspect juridique : à partir de quel délai est-on considéré comme un disparu légalement ?)
    L’opiniâtreté (la persévérance de l’homme dans ses tentatives de fuite)
    Les considérations scientifiques (le sable, les insectes ou encore l’eau avec le puits improvisé)
    La cruauté humaine (scène de « spectacle » : chantage de la clique pour la libération de l’homme)
    Les sentiments : l’humour, l’amour, la haine …
    Le travail des mains comme un remède etc.

    L’écriture :
    L’écriture est poétique : l’auteur utilise de belles images. Certaines expressions sont originales comme les « mots-images », « l’idée-imagination », « le blues de l’Aller Simple » etc.
    La forme :
    Une forme spécifique lors de certains passages :
    La fiche d’identité insérée dans la narration
    Le narrateur décrit le ressenti de l’homme entre parenthèses. Une fois la parenthèse refermée, l’homme poursuit ses réflexions.

    Conclusion :
    Un livre original, poétique et palpitant.


    Brigitte BVP

     

    american darling
     
    ♥ par Bernadette Bourron
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